Un immeuble, simple et moderne. C'est le lieu de l'action, là où le futur guette le passé pour être ce qu'il est. Cinq homme sortent d'une voiture et se dirigent vers celui-ci. Ils rentrent, prennent l'ascenseur et arrivent à leur destination. Ils y rencontrent le photographe avec qui ils vont passer les deux prochaines heures. C'est un homme jeune, assez séduisant. On sent qu'il a une personnalité d'artiste, notamment à cause de son physique. Ses cheveux sont teints en noir avec des mèches bleues et son visage est fin. Il leur fait un petit topo et les fait traverser le salon pour arriver dans la pièce où on va les photographier.
Sur les conseils du photographe, Tristan, ils se placent face à la baie vitrée de l'appartement et commencent à poser tous ensemble. A peine ont-ils commencer qu'ils sont interrompus par l'arrivée étrange de quelqu'un dans la pièce. On ne distingue pas son visage car elle est couverte de boue. Ses cheveux forment une masse brune sur le dessus de son crâne et quelques mèches se collent sur son corps et sa figure. Elle est entrée par la fenêtre, en sautant de son rebord pourtant élevé pour atterrir sur le sol doucement. Elle ne porte aucune attention aux inconnus et marche à quatre pattes d'un air craintif en fixant celui qui les prenait en photo. On reconnaît au niveau de son buste les courbes délicates d'une poitrine féminine, ce qui permet au garçons de déduire le sexe du nouvel arrivant. Elle marche lentement, semblant prête à s'enfuir à tout moment si on la brusque. Toute son attention est portée sur Tristan, et elle n'évite par conséquent aucun des obstacles qui s'offrent à elle, les escaladant seulement. Mais elle s'arrête. Elle a compris qu'il l'avait vu. Il est debout devant son appareil, et semble attendre qu'elle parte. Alors elle pars en courant, pour qu'il puisse reprendre son travail. Ce qu'elle voulait éviter c'est produit, malgré ses préventions. Elle a dérangé Tristan.
Une fois sous la douche, elle rince les conséquences de ses dernières folies. Ces folies auxquelles elle tient tant. Beaucoup de personnes trouvent ça étrange, et seules celles qui ont encore de l'importance pour elle s'y sont habituées. Elle est comme ça, et rien ne pourra le changer. Fuir, partir loin au milieu de la nuit, pour revenir épuisée, sale, mais tellement heureuse. Dans cette société elle étouffe, elle ne se sent pas libre. Une fois dans la forêt, le monde s'offre à elle, et tout ce qu'elle veut faire elle le peut. Courir partout, se déchaîner, sauter d'arbres en arbres comme un singe, c'est comme si elle volait. L'adrénaline monte et son coeur accélère, tandis que son cerveau est totalement au repos. Plus besoin de réfléchir, de calculer ses actes et leurs conséquences, juste trouver la prochaine branche à laquelle sa main pourra se retenir une fraction de seconde. Suspendue dans le vide, parmi les animaux de la forêt, elle aime ça. C'est sa nature qui le veut, c'est un animal sauvage que la société n'a pas réussit à apprivoiser.
Ses longs cheveux dégoulinent de boue, il va falloir qu'elle fasse plusieurs shampoings pour qu'ils retrouvent leur couleur originelle. Elle est obligée de se frotter partout, la terre est rentrée dans sa peau, comme si la forêt s'était incrustée en elle. Elle regrette de devoir l'en retirer, mais on lui a expliqué que ça ne se faisait pas d'être pleine de boue devant les gens. Une fois propre, elle sort et s'enveloppe dans une serviette, puis se regarde dans le miroir. Depuis toute ses années qu'elle vit, sa morphologie ne cesse de changer. Son visage lui même s'est retrouvé modifié par le temps, il s'est allongé et est vite passer de la petite bouille d'enfant à la figure d'une femme. Tout est alors devenu si compliqué... L'amour est apparu, on lui dit qu'elle est belle, mais elle déteste ça. Elle s'en veut d'être belle alors que cela l'importe peu, la vie sans la beauté serait la même pour elle. Mais pour d'autres, cela change tout. La beauté de l'âme récompenser par la beauté du corps lui disait sa mère, pourtant elle a connu tant de gens beau à l'intérieur qui étaient repousser parce qu'ils ne l'étaient pas en surface. Parfois, elle ne tente même plus de comprendre comment marche le monde, car elle y met trop de temps et d'attention, souvent pour revenir à la même conclusion: le monde est con. Et ça aussi personne ne pourra le changer, même pas elle.
Des griffures trônent sur ses joues et son front, ainsi que sur ses bras et ses jambes. Ces quelques petites entailles lui rappellent ses dernières 48H, lorsque le vent faisait voler ses cheveux et que les branches égratignaient sa peau à cause de la vitesse. Elle va dans sa chambre pour s'habiller, sans aucun entrain. Elle n'a jamais aimer ça. La mode, le fait de réfléchir longuement à comment s'habiller.. ce n'est pas son fort. Enfin, pour ce qui est de ses vêtements, car bien qu'elle s'habille tout le temps de façon assez simple et pas très recherchée, elle adore analyser comment se vêtissent les gens et dessiner des robes extravagantes. La plupart du temps, elle porte des boxer pour hommes noirs qui lui font des mini shorts ou des leggings longs et des T-shirts larges. Cependant, on lui a toujours dit qu'elle s'habillait bien ,ce qui lui semble assez paradoxale. Après on lui a dit que tout lui allait. Là aussi ça lui semblait paradoxale. Elle finit par enfiler courageusement un leggings bleu électrique et un polo lacoste rose trop grand qui lui tombe sur une épaule, tout deux pris vite fait dans sa commode bordélique. Maintenant, il ne lui restait plus qu'à trouver une occupation en attendant que Tristan est fini son boulot et que ses modèles soient partis.
C'est ainsi qu'elle commença à dessiner, tranquillement, une expression de concentration sur le visage. C'était l'esquisse d'une jeune femme endormie. Elle porte une robe japonaise, et le style ressemble en tout point à celui d'un manga. Autour d'elle se trouve des lions couchés, regardant avec curiosité la fille. Ils sont dans une forêt verdoyante, où perse le soleil à travers les feuilles des arbres. Quand il sera terminer, il rejoindra les centaines d'autres dessins accumulés depuis des années. En effet, son sens artistique à toujours été très développé, tout comme son imagination. Cela lui permet de retrouver un peu de la liberté qu'elle a dans ses moments de perdition dans la nature lorsqu'elle ne peut pas sortir. C'est la seule chose qu'elle possède qui demeure illimitée. Pour dessiner, il suffit d'un crayon et d'une feuille, après plus rien n'est impossible pour représenter l'imaginaire. Coller ses idées sur le papier, pour certains, c'est une libération, cela évite de tout garder pour soit. Pour elle, c'est comme ça que ça marche. Autant certaines personnes sont obligées de tout raconter à leurs amis dès que quelque chose de spécial leur arrivent, autant certaines autres personnes stockent toutes leurs mésaventures et bon souvenir sur feuille. Une oeuvre représentative de ce que l'on ressent, même si tout n'est pas clairement exprimé, c'est déjà un soulagement. Si l'on prenait tout les dessins qu'elle a fait et qu'on les regardait un à un, on verrai défiler sa vie. La joie comme la tristesse, la jalousie comme l'indifférence, le regret comme la satisfaction, l'amour comme la haine... tout y est.
Prise par l'ennuie, elle décide de se faire les ongles pour passer le temps puis d'aller voir où en est Tristan. Il résultat de ce choix deux ongles roses sur la main gauche et quatre sur la main droite, le reste étant noir bleuté. Pour faire dans l'originalité, elle mis au bout des paillettes argentées (comme une french manicure). Ensuite, elle se dirigea d'un pas lent vers la cuisine, pour simuler une petite faim qui expliquerait la raison de sa venue. Alors qu'elle arrive dans la cuisine, elle rencontre Tristan et le groupe de jeunes qui l'accompagnent. Depuis qu'elle est entrée dans la pièce, le brouhaha qui régnait s'est transformé en un silence pesant. Prenant un air las, elle regarde Tristan mais son regard se détourne vite vers la tignasse noire qu'elle avait aperçue. Le passé la rattrape apparemment... Elle a aussitôt reconnu celui qui a été son amant l'espace d'une nuit. Une fois l'étonnement présent dans la pièce dissipé, son visage semble accusateur, et son regard plein de reproches. Elle ne sait pas quoi faire, rester ou s'enfuir? Elle est interrompue dans ses réflexions par le regard suggestif d'un des jeunes garçons, profitant de la situation pour dévaler chaque partie, chaque courbe de son corps avec ses yeux. Bon, mieux vaut trouver un compromis. Elle ne supportera pas très longtemps le pervers, donc elle ferait mieux d'aller s'expliquer avec l'inconnu.
Ange : Euh excuse-moi, je peux te parler deux minutes?
En réponse, elle n'eut qu'un faible grognement signifiant autant l'approbation nonchalante que le désintéressement total.
Ange : Suis-moi.
L'inconnu se lève sans aucun entrain et la suit tout aussi joyeusement. Ils arrivent dans une pièce qui lui apparaît comme la chambre de la fille.
Ange : Bon, pour commencer, j'aimerais comprendre pourquoi tu es aussi froid avec moi. Je ne me souviens pas avoir fait quelque chose de mal.
Bill : Pardon? Parce que partir, comme ça, sans rien dire, après avoir passer la nuit dans mon lit c'est rien? Le matin, quand je me suis réveillé, je t'ai cherché, jusqu'à ce que je comprenne qu'en fait tu t'étais barrer comme une voleuse après avoir quasiment profiter de moi!
Ange : Comment ça partie comme une voleuse? je t'ai écrit un mot avec mon numéro de portable ça ne t'as pas suffit? Tu n'as aucune idée de la raison qui a fait que je me suis "barré comme une voleuse", alors ne me juge pas!
Bill : Quel mot?
Ange : Le mot que j'avais laisser sur ta table de nuit! C'est clair que quand on commence par exploser et qu'on ne réfléchit qu'après, ça n'aide pas beaucoup.
Bill : Oh merde.. je me souviens avoir aperçu un truc c'est vrai.. mais je croyais que c'était un ticket de caisse ou autre et je l'ai jeter sans regarder. Quel con.. --'
Ange : Et oui, faut réfléchir avant d'agir, c'est bien ce que je disais.
Bill : Bon bref, pas la peine de m'enfoncer t'aurais pu me réveiller pour me prévenir et tu ne l'as pas fait.
Ange : Estime toi déjà heureux que j'ai écrit un mot, j'étais extrêmement perturbée, et par conséquent j'avais du mal à penser à ce qu'il fallait faire.
Bill : Et je peux savoir pourquoi?
Ange, l'air grave : Parce que mon père venait de m'annoncer qu'il me virait de chez moi.
Bill, fronçant les sourcils : C'est à dire?
Ange, soupirant : Et bien, je te le montre si tu veux.
Elle sort son portable, farfouille un peu dedans et lui temps. Sur l'écran il lit:
* Je t'avais prévenu que ton comportement dépassait les limites, je n'accepte pas le fait que ma fille se permette de fuir en pleine nuit pour ne revenir que un ou deux jours plus tard. Toutes ses fêtes auxquelles tu te joins, tu crois que je ne sais pas ce qui s'y passe? Ma fille n'est pas une droguée alcoolique doublée d'une traînée qui découche pour baiser tous les mecs du coin. Et tu sais pourquoi? Parce que je n'ai pas de fille. A partir d'aujourd'hui, vis ta vie comme tu l'entends car plus jamais je ne me préoccuperais du bien-être d'une garce. Je t'interdis de revenir dans ma maison, je ne veux plus jamais te voir ni entendre parler de toi. Disparais à jamais de ma vie et de celle ma famille, ou je serais contraint d'utiliser des moyens qu'il n'est pas préférable que j'emploie. *
Il semble incrédule, pour lui il est impossible qu'un père puisse dire des choses aussi horribles à sa propre fille. Il vérifie même l'expéditeur et la date. Père, Lundi 9 Mars 2006 Cela correspond bien à la date de leur rencontre, elle ne lui a pas menti. Il lui rend son portable, ne sachant pas quoi dire.
Ange : Bref, maintenant que cette histoire est réglée ce n'est plus la peine d'en parler. C'est fou ce que t'as changer depuis trois ans! J'aurais jamais penser que tu garderais ce style, avec le temps d'habitude tout s'estompe mais toi ça c'est plutôt ancré un peu plus j'ai l'impression.
Bill : C'est vrai. Toi t'as quasiment pas changer.. Enfin, maintenant tu es une femme. Une jolie jeune femme je dirais même.
Ange : Merci. T'es pas mal non plus.. dans ton genre.
Bill : Je suis censé le prendre comment?
Et ils continuèrent de plaisanter gentiment sur le physique de l'un ou de l'autre, puis firent connaissance, ce dont il résultat une entente assez fructueuse. Ils se montraient leurs tatouages, piercings, parlaient de leurs frères respectifs, des conneries commises à l'école, entre pote ou tout seul. Ils riaient à gorge déployées et de réelles affinités se créaient entre eux. Ils durent cependant se séparer au bout de quelques heures, morts de faim, n'ayant pas vu le temps passé. Le reste du groupe mangeait avec Tristan et ils papotaient tous ensemble, et bien que le photographe ne veuille pas interrompre les pseudos retrouvailles des deux zozos, il fallait bien qu'ils se nourrissent. C'est ainsi que Bill et Ange vinrent prendre quelques provisions pour retourner tranquillement dans la chambre. Tout allait pour le mieux jusqu'à ce que l'on frappe à la porte. ange, donne l'autorisation d'entrer, mais le regrette aussitôt. Devant eux se tient David, le manageur de Tokio Hotel. Cependant, il n'est pas que cela à en juger par la tête que fait Ange. En effet, il est beaucoup plus..
Ange , énervée : Qu'est ce que tu fais là?
David : Moi aussi je suis content de te revoir petite soeur.
Bill tire une tête de trois mètres de long, jamais il n'aurait émis cette éventualité.
Ange : Personne n'est content de voir des fantômes... et ça fait bien longtemps que je n'ai plus de frère.
David , l'air inquiet : Et depuis quand je ne suis plus ton frère?
Ange : Depuis que tu es parti sans me prévenir, depuis que tu as disparu de ma vie sans donner aucun signe de vie. Depuis que ton père m'a mis à la porte et que tu n'a rien fait pour m'aider alors que j'étais toute seule, sans rien ni personne. Les frères et soeurs s'entraident et protège l'autre. Toi tu n'as rien fait de tout ça.
David, blessé et ahuri : Mais.. Pourquoi? Je suis juste parti quelque temps, et quand j'ai téléphoné à la maison pour te parler, les parents m'ont dit que tu étais partie et que tu avais laisser ton portable. Je ne t'aies jamais retrouver, je croyais que tu étais aller chez des amis parce que tu ne supportais plus père. Si j'avais su, j'aurais tout fait pour toi, je t'aurais emmener avec moi partout et tu serais venue chez moi.
Ange, les larmes aux yeux : Comment as-tu pu croire que je t'avais laissé tomber, tu sais très bien que ce n'est pas mon genre de faire ça.
David , paniqué : Mais je pensais que père t'avait dit des choses horribles et qu'il avait dépassé les bornes. Je.. je.. je croyais que tu voulait rompre tout contact avec toute la famille à cause de lui, et donc que tu ne voulait plus de moi et que c'était pour ça que tu n'avais pas de téléphone.
Ange : Mais pourquoi tu n'a pas essayer de m'appeler, pour être sûr qu'il disait vrai? Tu sais bien qu'il ment tout le temps.
David : Maman m'a assuré qu'il disait la vérité, donc je l'ai cru. Il m'a aussi montrer ton portable..
Ange : Je l'avais sur moi! Il le savait, et il a dû aller acheter le même.. Il avait tout prévu..
David : Pourquoi tu ne m'as jamais appeler ?
Ange : Je pensais que père t'avais dit la vérité et que tu ne voulais plus entendre parler de moi. Je n'ai pas beaucoup réfléchi, j'étais trop sous le choc..
Tom entre soudainement dans la chambre.
Tom : Bon on peut y aller ou vous compter vous raconter vos vies respectives toute la nuit? Parce que sinon, vous pouvez le faire à l'hôtel.
David ne sait pas quoi dire, tout cela arrive trop vite pour qu'il puisse réagir intelligemment. Ange lance un regard noir à Tom, son humour à deux balles est vraiment malvenu.
Ange, énervée : Nan c'est bon ça ira, tout est déjà dit je crois.
Et elle quitte la pièce d'un pas rapide, les laissant tous les trois en plan.
Bill , regardant Tom de travers: Tu pouvais pas lui dire autrement?
Tom , ironique: Oh, excuse moi d'avoir blesser ta chérie.
Bill : C'est pas ma chérie, et arrête de raconter des conneries, tu commences à me faire chier sérieusement.
Avant que Tom ait pu répondre, Bill sort de la pièce pour aller parler à Ange et tenter de réparer les bêtises de son frère. Tristan lui indique la direction qu'a pris Ange, et Bill hoche la tête pour le remercier. Il la trouve devant sur le balcon d'une autre pièce, assise sur la rambarde. Il s'approche d'elle mais évite de lui faire peur, il ne veut pas qu'elle tombe.
Bill , doucement : Hey c'est pas un peu dangereux ici?
Ange : Ca dépend pour qui.
Bill : Ecoute, je suis vraiment désolé pour le comportement de mon frère, parfois il peut être très con et là.. c'était le cas.
Ange : T'inquiètes pas, c'est pas toi le fautif.
Un silence s'installe.
Bill : Et.. avec David alors?
Ange : On verra, là je sais pas et j'ai pas envie d'y penser pour l'instant.
Bill : D'accord. Tu.. euh, tu veux bien venir dans mon hôtel cette nuit? Pour parler hein, pas pour.. enfin, tu m'as compris quoi.
Ange, amusée: Mh, oui pourquoi pas. Les deux me vont de toute façon.. (clin d'oeil)
Bill : Sors de ce corps Tom! Bref, je vais peut être y aller moi.. A toute à l'heure.
Ange : A tout de suite
Et elle lui fait un bisou sur la joue en souriant, puis il lui rend et pars.